Zoom sur la distribution
Conseil carrière
Comment choisir son employeur ?
C’est l’année de l’embarras du choix. Comme toutes les enseignes cherchent à recruter, les bons candidats peuvent faire leur marché et choisir celles qui leur correspondent. Niveau de responsabilité, salaires, intérêt des postes, conditions de travail : chacune a ses spécificités. Qu’il faut confronter à sa stratégie de carrière.
Le secteur de la distribution n’est pas uniforme. Et pas seulement à cause de la diversité des enseignes, du type de produits commercialisés et des clientèles visées. Toutes ne sont pas égales en matière de gestion de leurs ressources humaines. Diversité des recrutements, offre de formation continue, rémunération, employabilité… chacun a ses spécificités qui décideront certains candidats à s’engager et d’autres à fuir, selon leurs envies, leurs priorités et leurs choix en matière de carrière.
Evolution lente ou turbo-carrière
Il y a celles qui privilégient l’évolution plus ou moins lente de leurs embauchés de frais et les enseignes qui leur donnent immédiatement une large autonomie. Evidemment, un candidat cherchant à obtenir rapidement des responsabilités aura le réflexe de se précipiter vers les seconds. Comme Eric : «Armé de mon BTS et d’une toute petite expérience dans la restauration, une enseigne de hard-discount alimentaire m’a tout de suite confié un poste d’adjoint au directeur d’un magasin. Mais après cinq ans en poste, j’ai voulu me diriger vers la grande distribution traditionnelle et j’ai déchanté. » Les postes qu’on lui proposait ne dépassaient pas le niveau de chef de rayon. « Ma polyvalence me desservait, mes compétences de gestionnaire et de manager en hard discount n’étaient pas assez complètes pour les traditionnels. J’ai donc recommencé à zéro. » Heureusement, aujourd’hui, après deux ans de régime « blouse blanche », il est devenu chef de secteur. « En misant directement sur le groupe qui m’emploie aujourd’hui, j’aurais perdu moins de temps ». Car Eric n’a aucun désir d’indépendance, pour l’instant. En revanche les créateurs d’entreprise en devenir, et qui souhaitent un jour franchir le pas, ont tout intérêt à en passer par la direction d’un magasin, fût-il de hard discount. La plupart des enseignes traditionnelles offrent également des passerelles vers l’indépendance, au travers de leurs propres franchises. Avoir gravi les échelons dans le sérail facilite évidemment la reconversion.
La formation comme assurance-évolution
La guerre des talents qui sévit dans la distribution incite les enseignes à améliorer en permanence les compétences de leurs cadres. Mais là encore, les moyens diffèrent : quand une poignée d’entre elles constitue un vivier de hauts potentiels qu’elles accompagnent collé-serré vers des carrières à l’international, d’autres se limitent aux formations franco-françaises. « Pour moi qui cherchait à partir à l’étranger, cela a été un critère déterminant, » indique Thomas, cadres marketing dans la distribution spécialisée. J’avais le choix entre de vagues promesses d’affectation d’ici quelques années ou une intégration dans un vivier de jeunes cadres européens tout de suite. » Mais tout le monde ne rêve pas d’international et il est tout à fait possible de faire toute sa carrière en France en enrichissant son périmètre de compétences. « Mais il faut savoir aller au-delà des discours, prévient Alix, jeune chef d’agence au sein d’un distributeur de biens industriels. Dans ce secteur, la formation sert aussi à remotiver les salariés pour pallier les conditions de travail difficiles et les déménagements incessants liés aux exigences de mobilité. Et ce n’est pas un luxe. Si l’on a le choix, mieux vaut cibler des enseignes qui possèdent leur propre centre de formation. Ou du moins dont le budget formation dépasse largement le minimum légal. C’est la preuve qu’elles se soucient de faire évoluer leurs salariés. Et la garantie pour un cadre de rester employable, c’est vital aujourd’hui.»
Salaire : des grilles et des variables
Côté rémunérations, le commerce n’est pas champion. Du moins au départ et si l’on se fie à la simple feuille de paie : de 25 à 30 000 euros annuels pour un jeune chef de rayon bac+4/5. Mais la salaire n’est pas le seul élément de rémunération à prendre en compte. Dans les plus grandes enseignes, la participation règne en maître. Chez Auchan, elle aurait rapporté 1,5 mois de salaire supplémentaire à chaque salarié. L’actionnariat salarié est également très développé dans le secteur. Dans les supermarchés Atac, il concernerait 99% des employés. De quoi gonfler une paie qui se situe dans la moyenne basse du marché de l’emploi. Mais dans la distribution, chacun n’est pas égal devant la grille des salaires en vigueur. Car si elle existe bel et bien dans nombre d’établissements, « la négociation reste ouverte en fonction de l’expérience et de la formation du candidat », nuancent les recruteurs. Et passé le niveau jeunes cadres, les rémunérations peuvent s’envoler. Quelques annonces actuellement sur Cadremploi.fr proposent à des confirmés des postes de direction de magasin dépassant les 70 000 €.
Ethique, conditions de travail et ambiance
Un plan de carrière et un bon salaire ne suffisent pas forcément à faire le bonheur des salariés. L’ambiance, les conditions de travail et le respect de certaines valeurs peuvent également avoir leur importance au moment de se décider pour telle ou telle enseigne. Certains font des efforts dans ce dernier domaine. Groupe Casino ou Kiabi entre autres, ont mis en place un plan d’action visant à intégrer les personnes handicapés dans leurs effectifs. Quant au groupe Carrefour, il a signé avec le WWF (une ONG internationale de protection de l’environnement) pour mettre un peu d’éthique et d’équitable dans ses achats. Côté ambiance au travail, il est évidemment difficile de la mesurer puisqu’elle peut varier d’un magasin à un autre, toutes enseignes confondues. Mais les réfractaires au paternalisme et au management « familial » éviteront certains points de vente ou franchises (Leclerc, Atac, Kiabi, etc…), véritables PME où le chef d’entreprise emploie parfois son conjoint. En revanche, ceux qui refusent de travailler dans des environnements où seuls prévalent les rapports professionnels, s’y précipiteront.
Sylvia Di Pasquale






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