Réussir son CV, c'est aussi bien soigner la présentation que le contenu en gardant toujours en tête un impératif : mâcher le travail du recruteur afin que, parmi la masse des CV qu'il aura à trier, les points forts du vôtre lui sautent aux yeux.
La vocation première du CV est de permettre au candidat de décrocher un entretien. Son deuxième objectif : fournir une base pour argumenter et convaincre le recruteur. "Il ne faut donc pas chercher à tout dire, détailler et illustrer, mais donner les informations essentielles pour ce qu'on cherche", recommande Sandrine Durand, rédactrice experte chez CV Premium. Les deux principes à suivre tout au long de la rédaction de son CV seront donc de faciliter la tâche du recruteur… et de ne pas être trop bavard.
Faut-il rédiger plusieurs CV, en fonction du poste et de l'entreprise que l'on vise ? La spécialiste est plus que sceptique. "Pour un jeune diplômé, pourquoi pas. Mais sinon, c'est surtout la preuve que le projet professionnel est mal défini. Une fois qu'on s'est posé les bonnes questions, on dispose des informations essentielles pour réaliser son CV." Il n'y a finalement qu'une exception : pour postuler dans une entreprise dont on connaît particulièrement bien le secteur d'activité, il faut trouver le moyen de le mentionner, car c'est un atout pour la candidature.
Pour construire son CV, le mieux est de ne pas déroger au triptyque expérience, formation, informations complémentaires. C'est ce qu'il y a de plus classique… et donc ce qui facilite le plus le travail du recruteur. seuls les juniors doivent placer leur formation en tête de CV. "A partir de 3 ans d'expérience professionnelle, la formation doit passer derrière l'expérience." A une réserve près. Si le diplôme principal est très reconnu, il serait dommage de le reléguer en deuxième page. Dans ce cas, et seulement si la formation est vraiment pertinente pour le poste, on pourra ajouter un sous-titre au CV sous la forme "MBA à l'Insead" ou "Diplôme de telle école".
Après, c'est évidemment au cas par cas : pour certains parcours il vaudra peut-être mieux faire un CV par compétences", précise la spécialiste. Une assistante de direction qui aura à peu près réalisé les mêmes tâches tout au long de sa carrière pourra faire trois colonnes : gestion administrative, projets transversaux et qualités humaines (ou encore connaissances bureautiques). Les dates et les noms de ses employeurs seront alors résumés plus bas.
Dans un CV, il faut toujours remonter le temps : les expériences récentes doivent être placées en haut. "Les gens très expérimentés auront intérêt à résumer leur début de carrière, pour ne rentrer dans le concret que sur les 10 ou 15 dernières années d'expérience. On aide ainsi le recruteur à se concentrer sur les informations essentielles." Par exemple, on pourra simplement indiquer "1980-1983 : commercial pour l'entreprise X".
Pour un jeune diplômé, une page doit être amplement suffisante. Quelqu'un de plus âgé qui n'aurait connu qu'une entreprise devra également rester sur une page. "A partir de deux ou trois employeurs différents, avec des postes pour lesquels il y a des choses à dire, on pourra passer sur deux pages", . En effet, mieux vaut cela que de tasser au chausse-pied toutes les informations.
L'Arial est plus moderne que le Times, c'est donc la police que nous utilisons chez CV Premium", explique la spécialiste. Le Tahoma, autre police assez fréquente, peut également convenir. De plus, le nombre de tailles de caractères devra être limité à trois : pas question de changer plusieurs fois au cours du CV, qui doit avant tout être cohérent Un incontournable du CV moderne consiste, en haut de la page, à choisir un titre clair qui présente son profil professionnel (par exemple : "Ingénieur d'affaires confirmé"). Selon qu'il s'agit d'une candidature spontanée ou d'un poste bien défini, on adaptera ce titre. Il doit de plus être cohérent avec le reste du CV : "Il ne faut pas s'annoncer comme un 'commercial' si l'on a écrit 'ingénieur d'affaires' partout ailleurs", . Sans forcément correspondre à ce qui est écrit sur la carte de visite, le titre doit être en phase avec le parcours professionnel. "C'est essentiel car, une fois de plus, cela mâche le travail du recruteur." En cas de reconversion, enfin, on ne choisira pas un titre synthétisant tout son parcours, mais plutôt une expression clarifiant ce tournant (telle que "Commercial. Objectif : marketing").
Pour ce qui concerne le gras et l'italique, ils sont à utiliser avec circonspection : nom de l'entreprise et fonction… mais pas beaucoup plus. L'italique, en particulier, n'est pas toujours très lisible et il sera peut-être préférable de le réserver aux mots anglais et aux titres de publications.
"Quand à la couleur, elle fait farfelue : mieux vaut ne pas l'utiliser, à l'exception éventuellement du titre ou des noms de rubriques en bleu marine."
L'avantage d'envoyer son CV au format RTF est qu'il est compatible Mac et PC. Mais le format DOC fera aussi très bien l'affaire. Quand aux PDF, ils ont l'avantage d'assurer que la présentation du CV - les marges et les alignements en particulier - sera exactement la même pour le recruteur que pour vous.
Afficher en tête de CV ses prétentions salariales n'est, en France, pas une bonne idée. En effet, cela risque de pousser le recruteur à écarter d'emblée votre CV alors qu'une discussion aurait peut-être abouti à un compromis sur ce point : "Si une entreprise veut un candidat, elle pourra faire des efforts." Ensuite, entre salaire actuel et prétentions, la nature du salaire mentionné n'est pas forcément compréhensible. Enfin, donner une fourchette large est clairement maladroit. La rémunération étant très différente d'une entreprise à l'autre, mieux vaut donc rester dans le flou. Il sera plus approprié de garder cet élément pour une discussion, voire de le placer dans la lettre qui accompagne le CV.
Ne pas mentionner son âge présente un gros inconvénient : le recruteur va perdre du temps à essayer de le calculer en fonction des dates figurant sur le CV", met en garde Sandrine Durand. Qui ajoute : "De toutes façons, mentir sur son âge n'est pas dans l'intérêt du candidat, qui risque juste d'avoir perdu du temps lorsqu'on le refusera à l'issue de l'entretien. Si l'on souhaite vraiment cacher cette information, on la relèguera au bas du CV, dans la rubrique des informations complémentaires." Enfin, indiquer la date de naissance plutôt que l'âge paraît non seulement administratif mais entraîne aussi du travail supplémentaire au recruteur pour faire le calcul.
"Si vous êtes une jeune mariée de 30 ans, surtout ne dites rien ! J'ai trop souvent vu de femmes discriminées sur ce critère, raconte la spécialiste. Mieux vaut attendre l'entretien, si la question vous est posée, pour expliquer et convaincre." Au contraire, un homme marié avec des enfants pourra utiliser sa situation familiale pour souligner la stabilité de sa personnalité. De même, une femme après 38-40 ans pourra parfaitement montrer qu'elle a su gérer une grande réussite professionnelle et une vie familiale. "Enfin, 'divorcé', avec sa notion d'échec, est à bannir. Evitez aussi 'célibataire avec enfants' : le recruteur est peut-être un peu obtus sur certains principes religieux…"
une photo sur son CV. "Cela dit, une personne dont le nom a une consonance très marquée et qui 'présente bien' aura intérêt à en mettre une. J'ai eu le cas d'un candidat blond aux yeux bleus dont le patronyme - breton - était très proche de 'Ben Laden'. Je lui ai conseillé d'ajouter sa photo !" D'autre part, dans la communication ou chez les commerciaux, la question peut aussi se poser. Mais globalement, et qui plus est pour un manager ou un dirigeant, la photo n'a aucun intérêt.
Dans la rubrique du CV consacrée à l'expérience professionnelle, le principe est de faire la liste des postes successivement occupés en expliquant en quoi ils consistaient et ce que vous avez apporté à l'entreprise. "Cela ne veut pas dire qu'il faille absolument tout mettre : dès que l'on a une première expérience, on fait disparaître ses stages - à moins qu'ils ne soient particulièrement valorisants ou intéressants pour le poste. Ou alors, on les résume en une ligne sous le diplôme correspondant, dans la rubrique formation
Sous la fonction, il est utile d'indiquer, en une ou deux lignes, si on a managé plusieurs personnes et géré un budget (comme c'est souvent le cas pour les cadres supérieurs). On décrit ensuite concrètement, en plusieurs puces (ou "bullet point") et sans rédiger, ses réalisations. Enfin, il s'agit de démontrer son apport à l'entreprise. "Pour un commercial, c'est facile, note Sandrine Durand : 'n % de chiffre d'affaires en plus sur telle période, tant de prospects et de clients acquis chaque année…' Mais pour les métiers où cela n'est pas directement chiffrable, il faut quand même dire ce qu'on a mis en place de manière concrète." Si cela n'est pas évident à trouver, on pourra réfléchir au-delà de ce qu'on a fait, par exemple à ce que son travail a permis à l'entreprise de réaliser.
En revanche, le CV n'est pas l'endroit où indiquer des références : "Si à l'étranger c'est parfois obligatoire, en France, cela ne se fait pas. En entretien par contre, il est possible d'en donner, en ayant prévenu les personnes concernées qu'elles seront peut-être contactées
Si l'école est valorisante, "si c'est Dauphine ou HEC", mettre d'abord son nom en gras, puis le diplôme obtenu, avec l'année d'obtention. "Pas besoin de mentionner les 4 ans d'études pour obtenir une maîtrise : le recruteur s'en doute…". Et si l'école n'est pas très connue, la désigner par son sigle et en toutes lettres.
Il est inutile de mentionner toutes les étapes qui ont précédé le diplôme le plus élevé : "Le recruteur n'est pas intéressé par le fait de savoir si le candidat a fait un BTS ou une classe préparatoire avant son diplôme d'ingénieur, et se doute bien qu'une maîtrise a été précédée d'un Deug et d'une licence". En revanche, des diplômes complémentaires, même de niveaux différents, devront tous être mentionnés (ingénieur et formation complémentaire en management par exemple).
Par ailleurs, il n'est pas forcément nécessaire de détailler les formations suivies. Ou alors, en y piochant les éléments pertinents : une spécialisation, un semestre à l'étranger… D'autre part, si cette rubrique ne contient qu'une formation, mieux vaut la reporter dans la rubrique "Informations complémentaires".
Enfin, vous avez suivi des formations complémentaires, seul ou dans votre entreprise, "par exemple en anglais ou en gestion de projet", elles ne doivent pas écraser la formation initiale. Elles seront donc mentionnées en dessous, même si cela inverse l'ordre anté-chronologique du CV dans cette rubrique.
Pour qualifier un niveau de langue, notre professionnelle du CV décommande formellement les sempiternels "lu, écrit, parlé" : "Cela ne donne aucune indication sur le niveau de compétences. On préférera les termes 'bilingue', 'courant', 'courant en environnement professionnel', 'intermédiaire', 'très bon niveau à l'écrit' ou 'perfectible'. Et pas question de mentir ou d'indiquer son niveau d'il y a dix ans : 'bilingue' est réservé aux vrais bilingues !" Enfin, il vaut mieux ne pas mentionner les langues dont on ne connaît que des notions : "Dès qu'une notion d'échec accompagne une information, on la supprime du CV".
Dans la même logique, il n'est pas non plus toujours utile de mentionner les logiciels dont on maîtrise l'usage. Indiquer "Word, Excel, PowerPoint" dans le CV d'un dirigeant serait un peu absurde. Et à moins d'une précision explicite dans l'annonce, c'est finalement aussi le cas pour les cadres ayant suivi un parcours classique. "Par contre, il est tout à fait approprié, pour un poste dans le marketing ou la communication, d'indiquer sa maîtrise de Photoshop ou Dreamweaver.
"Quant aux loisirs, ils sont agréables à lire et équilibrent le CV. Pour autant, "Si c'est pour dire qu'on aime le cinéma et la musique, ce n'est pas la peine de l'indiquer. En revanche, un ancien champion national de natation ou le détenteur d'une ceinture noire de judo aura davantage à raconter. Et encore... ce qui est rare peut se révéler à double-tranchant." En un mot, ce qui figure dans cette rubrique doit relever d'une vraie passion, très présente dans la vie du candidat. Et dans ce cas, expliquée d'une ligne. "Il ne faut pas juste indiquer 'théâtre' : le candidat va-t-il au théâtre ? met-il en scène ? est-il comédien ?
Lorsque l'on a fini, le CV obtenu est souvent trop long. Où sabrer en priorité ? "Dans tout ce qui paraît évident pour la fonction, répond Sandrine Durand. Par exemple, un commercial qui participe à des salons ne constitue pas une information intéressante. Mais s'il s'est rendu dans un salon dans tel pays et en a rapporté tel contrat, alors c'est pertinent." Le cadre ou le manager "standard" doit savoir, en 5 ou 6 points, faire le tour d'une fonction. "Il ne faut pas être bavard." Pour s'assurer de s'en tenir à l'essentiel, le candidat pourra comparer 5 annonces : il se rendra compte que ce sont souvent les 3 ou 4 mêmes caractéristiques principales qui sont demandées. Il n'y a plus qu'à y répondre.Une année de chômage va sauter aux yeux du recruteur
. Il faut donc mettre en valeur la formation ou l'enrichissement apportés durant cette période. Ou montrer que l'on a toujours conservé un lien avec l'entreprise : la gestion des comptes de son mari indépendant, l'élaboration d'un business plan préalable à la création de sa société, l'implication dans une association, ou même un voyage autour du monde." A condition que cela soit vrai, bien entendu. Et si l'on est réellement capable d'en parler, on pourra grossir une expérience ou une connaissance. Trois mois passionnants seront par exemple indiqués, sans mention de durée, comme "une grande implication dans…". Si le chômage est récent, on trouve une astuce de ce type. S'il date de dix ans, on ne justifie rien : il ne se verra pas
D'autant qu'à partir de 4 ou 5 ans, d'expérience, les candidats ne doivent plus indiquer les mois auxquels correspondent leurs expériences, mais uniquement les années. Cela permet évidemment de lisser les trous. "Et si le CV est toujours vraiment haché, on peut envisager un CV par compétences."
A noter également que certaines expériences ne valent pas la peine d'être mentionnées : "Par exemple, quelqu'un qui a occupé un poste pendant 3 mois avant de réaliser qu'il s'était trompé aura tout intérêt à ne pas l'indiquer, car il n'aura pas la place d'expliquer sa démarche et que, de toutes façons, le trou ne se verra pas."
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http://www.journaldunet.com/management/emploi-cadres/conseil/reussir-cv/8.shtml
à bientôt
eric jean marc chouen
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